Menaces et enjeux

Les abysses : enjeux environnementaux, géopolitiques et menaces pour la biodiversité

Les abysses, ces profondeurs marines encore largement inconnues, sont aujourd’hui au cœur de nombreux enjeux environnementaux, économiques et géopolitiques. Entre exploitation minière, protection de la biodiversité et rivalités internationales, ces zones fascinantes suscitent autant d’intérêt que d’inquiétudes.

Un écosystème fragile menacé par l’exploitation des fonds marins

Le fond des océans abritent tout comme le requin lutin, une biodiversité exceptionnelle, encore très peu étudiée. Cependant, l’exploitation minière des fonds marins représente une menace majeure pour cet équilibre fragile.


L’extraction de nodules polymétalliques riches en cobalt, cuivre et terres rares provoque la formation de panaches de sédiments. Ces nuages remontent dans la zone crépusculaire (entre 200 et 1000 mètres) et perturbent profondément l’écosystème.

Conséquences directes :

  • Appauvrissement du plancton
  • Déséquilibre de la chaîne alimentaire
  • Impact sur les prédateurs supérieurs comme les requins

Cet appauvrissement se répercute sur l’ensemble de la chaîne alimentaire, affectant ultimement les prédateurs supérieurs comme les requins, notamment sur la reproduction du requin lutin.

L'exploitation minières des fonds marins, impact sur le requin lutin

Des espèces menacées avant même d’être découvertes

Un des enjeux les plus préoccupants est la disparition d’espèces inconnues ainsi que la reproduction du requin lutin.
Les abysses représentent l’un des derniers territoires inexplorés de la planète. Les scientifiques estiment que de nombreuses espèces pourraient disparaître à cause des activités humaines avant même d’avoir été identifiées.

Cela pose un double problème :

  • Une perte irréversible de biodiversité
  • Un frein à la recherche scientifique (médecine, biotechnologies, etc.)

Changement climatique et impact sur la reproduction du requin lutin

Même si les abysses semblent isolés, ils ne sont pas épargnés par le changement climatique.
L’acidification des océans et les modifications des équilibres chimiques menacent directement les écosystèmes marins profonds. Ces changements pourraient amplifier les effets déjà causés par l’exploitation humaine. Un spécimen comme le requin lutin est directement impacté par le changement climatique.

Le réchauffement des eaux profondes et le stress métabolique

Bien que les abysses se réchauffent plus lentement que la surface, la température des eaux intermédiaires et profondes augmente de façon mesurable.
Métabolisme rigide : Les requins de grande profondeur sont des animaux à croissance lente avec un métabolisme très bas, adaptés à des températures froides et constantes. Une hausse de température, même de 1 ou 2 °C, accélère leur métabolisme.
Le piège énergétique : Si leur métabolisme s’accélère, ils ont besoin de manger plus. Or, la nourriture est rare dans les profondeurs. Sans une augmentation proportionnelle de leurs proies, le requin lutin risque l’épuisement énergétique.


La désoxygénation : La compression de l’habitat vertical

Le réchauffement des eaux de surface réduit la solubilité de l’oxygène et freine le brassage des couches océaniques. Ce phénomène crée une expansion des Zones de Minimum d’Oxygène (OMZ)

En effet, ce phénomène s’explique par sa physiologie : le requin lutin possède une adaptation à des taux d’oxygène faibles mais stables. L’extension des zones hypoxiques (pauvres en oxygène) réduit l’espace habitable disponible.

La conséquence : On observe une compression de l’habitat. De plus, le requin lutin remonte vers des eaux plus oxygénées, mais aussi plus chaudes. Ce qui augmente sa vulnérabilité face aux captures accidentelles des chalutiers de fond.

L’acidification : Altération des capacités électro-sensorielles du goblin shark

L’océan absorbe une part majeure du CO2 atmosphérique, ce qui entraîne une baisse du pH de l’eau. Pour une espèce benthique comme le requin lutin, cela représente un défi sensoriel majeur.

Le mécanisme : Cette espèce dépend de ses ampoules de Lorenzini (organes électro-récepteurs situés sur son rostre) pour détecter les champs électriques de ses proies dans l’obscurité totale.
En conséquence, des études (notamment sur les élasmobranches) suggèrent que l’acidification perturbe le transfert des signaux chimiques et électriques. Un environnement plus acide diminue la précision de sa « vision » électrique, compromettant son efficacité de chasse.